Algérie-Égypte : une demi-finale pas comme les autres.
Le match de ce soir est une affaire sérieuse. Le mental des joueurs est la clé de cet énième débat algéro-égyptien. Et les Verts, comme d’ailleurs les Pharaons, semblent avoir prouvé que cette valeur est une de leurs armes.
Le combat physique est moins équilibré, par contre. Les Égyptiens sont à Benguela depuis le début du tournoi. Ils n’ont pas voyagé, contrairement aux capés de Saâdane.
C’est un acquis que Saâdane a tenu à mettre dans la balance. « Physiquement, le match s’annonce dur. Ce sera la cinquième match en moins de deux semaines. Nous avons beaucoup de joueurs qui souffrent de petits bobos et on aura du mal à retaper tout ce beau monde », dit le sélectionneur national qui pense que l’Egypte est dans le même situation.
Ce n’est donc pas le combat de David contre Goliath imaginé quelques mois plus tôt par la presse cairote et le coup de massue de Khartoum en souvenir, qui désormais se montre moins encline à chanter à la gloire de ses champions avant l’heure.
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Juste quelques rappels des qualités premières de l’équipe de Hassan Shehata puis un chapelet de voeux de réussite. La réconciliation est un autre sujet sur lequel les médias d’Egypte passent leur temps à disserter.
«Ce n’est qu’un match de football», écrit un des nombreux éditorialistes d’El-Ahram. Soit ! Les envoyés spéciaux des médias du Nil, interdits de rôder autour de la sélection, n’oublient pas d’annoncer à leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, que «la sécurité autour de la sélection d’Egypte est renforcée pour empêcher toute hostilité de la part des Algériens». Ces derniers ne sont pas encore en Angola que la peur hante déjà les esprits de nos «frères» de Misr Oum Dounia…
Le terrain tranchera
Sur un registre technique, les deux équipes jouent à cache-cache. Les capés de Saâdane qui ont tenu, hier en fin d’après-midi, leur second entraînement à Benguela sont les seuls sur le terrain principal du stade «Ombaka» qui affichent une mine radieuse. Rien d’inquiétant en tout cas à l’idée de croiser le fer avec des Égyptiens plus revanchards que jamais. Seule interrogation, la participation de Karim Ziani. Ménagé depuis le match-référence devant la Côte d’Ivoire, le lutin de Wolfsburg se dit «apte» à livrer bataille.
Ses adducteurs qui l’ont trahi, dimanche soir, à la fin de la première mi-temps de la prolongation, ne sont plus douloureux. L’échographie, elle, n’a rien révélé de méchant et le joueur était attendu lors de l’entraînement final d’hier soir. Chaouchi, l’autre incertitude, ne souffre plus de son dos, ni de son cou. Le choc qu’il a eu avec Drogba n’est qu’un vieux souvenir pour l’enfant de Bordj-Menaïel, lui aussi, prêt pour le grand combat. Le onze qui a affronté les Eléphants ne sera, par conséquent, pas inquiété.
Laïfaoui qui a repris les entraînements fait les frais du désir de Yahia de mettre le feu dans les bois d’El-Hadary, comme à Khartoum. Côté égyptien, l’infirmerie étant vide au bonheur de Shehata et de son assistant Shawki Gharib, des questions restent en suspens concernant les joueurs qui formeront le milieu de terrain. La forme moyenne d’Abderabou face au Cameroun laisse penser que Shehata fera appel à Hussam Ghaly pour épauler le vieux Ahmed Hassan et Ahmed Fathi. Outre les quatre défenseurs (Gomaâ, Hany Saïd, Moawedh et Al-Mohamady), le coach égyptien compte aligner une attaque à deux pointes, Motaeb et Zidan en l’occurrence. Le joker Djedou devant se tenir prêt pour parer au plus pressé.
A Benguela, province entourée par les jungles envoûtantes, l’explication a tout d’un combat de vie ou de mort. Et ce n’est pas une invention de la presse. Algériens et Egyptiens, footballeurs compris s’évitent simultanément. Pourtant, ces deux montagnes du football continental doivent se rencontrer. Inévitablement.
Ce soir, au stade national d’Ombaka, à Benguela, la finale sera au bout de la victoire. Algérie ou Egypte, la question est loin d’être tranchée. Deux formations qui se « haïssent », footballistiquement parlant, produisent inéluctablement des étincelles.
La soirée de ce jeudi 28 janvier 2010 verra le ciel d’Egypte, d’Algérie et de toute l’Afrique du Nord, illuminé. Le match est tellement spécial. C’est une demi-finale pas comme les autres.
Toutes les autres. Les précédentes entre ces deux teams et le reste de la grande causerie durant ce type de match-couperet. Les deux sélectionneurs, eux, piaffent d’impatience d’en finir avec ce duel. Saâdane a encore de l’avance sur Shehata.
Tactiquement, il dispose d’un groupe qui s’applique puisque formé à la bonne école. La patience a un prix et les hommes de Saâdane se sont offert le package gagnant pour sortir deux grandes équipes et leurs vedettes internationales, en l’occurrence le Mali et la Côte d’Ivoire.
Les Pharaons ont fait pareil, peut-être mieux en se jouant de deux mondialistes, le Nigeria et le Cameroun, enchaînant quatre victoires en autant de matchs. C’est une référence. La prestation des verts face aux Eléphants l’est également.
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L’Algérie monte en puissance dans ce tournoi, elle qui était partie avec des ailes brûlées par les Flammes malawites.
M. B.
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Rédiger par Roland NEGRE
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28. jan, 2010 







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